Factures énergétiques, pollution, conflits qui explosent : pourquoi le ministre de l’Energie ne fait-il rien ?
Nos factures énergétiques explosent. Pour cause, des conflits géopolitiques en Iran et plus largement en Asie du Sud-Ouest (aussi appelé “Moyen Orient”) qui font flamber le prix des énergies fossiles et font des milliers de victimes. Cette actualité dramatique s’ajoute à la longue liste des désastres liés aux énergies fossiles : augmentation des émissions de gaz à effet de serre, creusement des inégalités...Heureusement, il existe des portes de sortie.
Cette semaine, s'ouvre la conférence de Santa Marta, une conférence internationale en Colombie où se sont donnés rendez-vous quarante-cinq Etats dont la Belgique pour organiser la sortie des énergies fossiles. Une occasion unique mais notre ministre fédéral de l’Energie, Mathieu Bihet, n’a élaboré aucun plan d’action national.
Les énergies fossiles, c’est quoi ?
Pour pouvoir nous chauffer, nous déplacer ou nous éclairer, nous avons besoin d’énergie. Il en existe plusieurs : les énergies renouvelables (solaire, hydraulique...) et non renouvelables parmi lesquelles les énergies fossiles. Ces dernières regroupent le gaz naturel, le charbon et le pétrole (raffiné en gaz, carburant et fioul). Notre économie est accro à ces énergies : elles font fonctionner notre électricité, nos chaudières ou encore nos voitures. Mais leur utilisation entraîne de graves conséquences sur la population.
la population paye le prix des énergies fossiles
Des factures énergétiques qui explosent à cause des conflits
Notre dépendance aux énergies fossiles nous rend extrêmement vulnérables à la fluctuation des prix liés aux conflits géopolitiques comme l’illustre le blocage du détroit d’Ormuz. La guerre en Asie du Sud-Ouest, tout comme celle en Ukraine, fait des milliers de victimes et exploser nos factures énergétiques.
Des catastrophes climatiques, surmortalité, famines et déplacements forcés
Les énergies fossiles sont responsables à elles-seules de 91% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’augmentation des gaz à effet de serre provoquent un dérèglement climatique ayant des conséquences désastreuses : augmentation des catastrophes météorologiques extrêmes et imprévisibles comme les inondations et les sécheresses, déplacements forcés, raréfaction de l’eau potable, diminution des rendements agricoles, surmortalité...Ces conséquences menacent les conditions de vie des millions de personnes à travers le globe et renforcent les inégalités : ce sont les personnes et les pays les moins responsables de la crise climatique qui se retrouvent les plus impactés.
Des inégalités qui se creusent
Dans les pays où sont extraits les énergies fossiles, l’industrie extractive entraine de graves conséquences sur les communautés. Elles sont confrontées à l’expropriation de leurs terres, à la dégradation de leur environnement, à la violation de leurs droits humains mais aussi à une augmentation des inégalités entre les genres, les femmes se retrouvant davantage impactées à cause d’inégalités prééexistantes.
a nos dirigeants d’agir !
La population paie lourdement le coût des énergies fossiles, un prix d'autant plus fort pour les communautés et les ménages déjà précarisés notamment les femmes et les minorités de genres. Pendant ce temps, notre gouvernement continue d’augmenter sa dette en subventionnant les énergies fossiles à hauteur de 15 milliards d'euros par an et permet qu’une poignée de sociétés privées s’enrichisse monstrueusement sur le dos de ces crises.
La conférence de Santa Marta : une lueur d’espoir mais notre ministre de l’Energie, Monsieur Bihet, n’a aucun plan
Où en sont les engagements des dirigeant.es ? En 2023, lors de la COP 28 (conférence annuelle sur le climat), le texte mentionnait pour la première fois la nécessité de sortir des énergies fossiles. Depuis, le sujet a disparu des radars. Lors de la dernière COP au Brésil, silence radio. En réaction à ce manquement, la Colombie et les Pays-Bas ont lancé la première conférence internationale spécifiquement dédiée à la sortie des combustibles fossiles qui a lieu du 23 au 27 avril à Santa Marta. L’objectif de la conférence est de travailler sur une proposition concrète dessinant un avenir mondial libéré des énergies fossiles. Cette proposition sera amenée lors de la COP31 à Antalya en Turquie.
Grâce à la pression de la société civile lors de la COP30, La Belgique a rallié l’initiative et fait partie des quarante-cinq pays participant à la conférence. Le Ministre fédéral du climat, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) sera présent. En revanche, le ministre fédéral de l’Energie, Mathieu Bihet (MR), n’a présenté aucun plan d’action national pour organiser la sortie des énergies fossiles.
Pourquoi et comment nos dirigeants doivent nous protéger contre les énergies fossiles
Face à notre dépendance à la fluctuation des prix énergétiques, face aux catastrophes climatiques qui se multiplient, face aux conflits liés à la mainmise sur les énergies fossiles, le gouvernement belge doit agir.
Nous appelons notre gouvernement à :
Opérer une sortie des énergies fossiles de manière juste. C’est-à-dire en prenant en compte les besoins et les spécificités de chacun et chacune, ainsi que la responsabilité historique des États et leur capacité financière. La première étape de ce processus : élaborer un plan d’action national pour une sortie belge des énergies fossiles en vue de la conférence de Santa Marta.
- Assurer un financement adéquat des politiques climatiques justes. Premièrement, en mettant en œuvre la promesse faite dans l’accord de gouvernement d’étudier la suppression des subventions non-social aux énergies fossiles. Deuxièmement, en taxant les multinationales et les super-riches qui ont accumulé leur richesse grâce aux énergies fossiles, sous la forme d’une surtaxe sur les profits des entreprises les plus polluantes et d’une taxe sur les superprofits.
- Remédier aux dommages environnementaux et à la perte de moyens de subsistance que les Etats et les entreprises du secteur fossiles ont causé et placer les droits et la participation des communautés les plus touchées par les industries extractives au centre de leurs politiques. Dans cette optique : prévoir notamment une transposition ambitieuse de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité.