Voices Rise Up: Pourquoi agir maintenant et ce que la Belgique doit faire

Voices rise up n’est pas qu’une chanson : c’est une mobilisation qui remet la situation en Palestine au cœur de l’attention alors que la guerre fait rage en territoire palestinien occupé et dans tout le Moyen-Orient. L’objectif ? Mettre en cause l’impunité d’Israël face à ses violations du droit humanitaire en Palestine et porter 4 demandes politiques claires d’Oxfam à la Belgique.

Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine 

Depuis le « cessez‑le‑feu » d’octobre 2025, à maintes reprises violé, les attaques n’ont jamais cessé. Plus de 600 Palestiniennes et Palestiniens ont encore été tué.es à Gaza. Israël continue de bloquer l'aide.

Les hôpitaux sont à bout : moins de la moitié fonctionnent encore, souvent uniquement grâce à des générateurs faute de pièces à cause du blocus d’Israël. 

La plupart des Gazaoui.es vivent avec une quantité limitée d'eau potable ni systèmes d’égouts. Les réseaux de distribution de l'eau ont presque tous cédé. Les équipes d’urgence font ce qu’elles peuvent, mais leurs solutions sont très limitées. 

80 % des logements ont été détruits par Israël. Et tant que le blocus sur les matériaux de construction n’est pas levé et que les bombardements continuent, aucune reconstruction n’est possible.   

En Cisjordanie, la situation s’aggrave aussi. La colonisation s’accélère, les attaques de colons atteignent des niveaux record et l’ONU documente raids, démolitions et déplacements forcés. Nos partenaires du commerce équitable qui produisent huile d’olive ou encore maftoul, sont empêchés de travailler librement et ont des difficultés à exporter. 

En parallèle, les détentions de Palestinien.nes dans les prisons israéliennes explosent : plus de 10 000 Palestinien.nes sont incarcéré.es, dont des milliers sans procès, avec des cas de torture documentés. 

Conflit élargi au Moyen-Orient : un impact direct sur l’aide et les civils

Pour la deuxième fois en moins d’un an, les États‑Unis et Israël ont illégalement frappé l’Iran, faisant monter d’un cran une guerre dans la région qui rejaillit immédiatement sur l’aide en Palestine et au-delà. Ces derniers jours, plus de points de passage ont été fermés et les mouvements humanitaires sont totalement suspendus 

Une fois de plus, les conséquences sont dramatiques dans les pays voisins. Les frappes israéliennes ont fait 826 morts et plus de 2000 blessé.es au Liban et déplacé 800 000 personnes. D’autres fuient vers la Syrie, aggravant la pression sur une population déjà éprouvée par des attaques incessantes et l'invasion et l'occupation du Liban par Israël. Tout cela alors que les Libanais.es sont déjà submergé.es par des crises économiques, politiques et sociales qui se chevauchent. Et pendant ce temps, le monde laisse faire.

Le cœur du problème est là : cette dernière vague d'attaques montre que les fondements du droit international sont devenus négociables et risquent de devenir obsolètes. L'incapacité de la communauté internationale à tenir les acteurs voyous responsables des violations en cours nous a menés à cette situation. Car ne jamais demander des comptes pour des violations répétées du droit international ouvre la voie à l’extension du conflit, dans ce cas du Liban à l’Iran.  

Et ce alors que près de 60 millions de personnes dans toute la région dépendent déjà de l’aide. Le résultat est mécanique : ce sont les civils qui paient. C’est pour répondre à cette urgence que les ONG, Oxfam incluse, intensifient leur aide et appellent à soutenir leurs interventions d’urgence au Liban

Génocide et impunité : les faits clés  

À Gaza, les attaques et les conditions de vie imposées par Israël (utilisation de la faim comme arme de guerre, privation d’eau, entrave de l’aide) constituent des crimes de guerre. Pire, cette situation provoquée par Israël est décrite par une commission indépendante de l’Onu et des ONG, Oxfam incluse, comme le résultat d’un génocide et de crimes contre l’humanité.

La Cour pénale internationale (CPI) a d’ailleurs émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ex-ministre israélien de la Défense Yoav Gallant. Ils sont soupçonnés de crimes contre l’humanité. Parmis eux : meurtres, persécutions et affamer des civils comme méthode de guerre. Les juges ont rejeté les contestations israéliennes et confirmé la validité des mandats. Le droit international doit être appliqué : nous demandons donc que l’impunité d’Israël cesse. 

Oxfam demande que toutes les violations du droit international — notamment du droit international humanitaire et de la Convention sur le génocide — fassent l’objet de poursuites et de sanctions. La Cour pénale internationale a d’ailleurs émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien et l’ancien ministre de la Défense. Ces décisions doivent être respectées et appliquées.

Israël tente désormais de réduire les ONG au silence

Fin 2025, un nouveau système d’enregistrement imposé par Israël a menacé de restreindre l’accès humanitaire au moment où la population de Gaza subissait des souffrances immenses. Les autorités israéliennes ont exercé des pressions sur les organisations humanitaires pour qu’elles transmettent des données sensibles sur leur personnel — ou qu’elles cessent leurs opérations. Cela aurait violé la législation en matière de protection des données (RGPD), le droit international humanitaire, notre mandat et les principes humanitaires.

En février 2026, Oxfam et 16 autres ONG internationales ont donc engagé une action en justice inédite devant la Haute Cour israélienne pour contester ce système. L’objectif : protéger les civils et notre personnel, garantir que l’aide parvienne à celles et ceux qui en ont le plus besoin, et défendre l’espace indispensable à la fourniture d’une assistance vitale.

Cette affaire montre à quel point l’espace humanitaire se rétrécit. Au lieu de faciliter l’aide aux civils, les nouvelles règles créent un risque réel de voir disparaître des acteurs essentiels comme Oxfam de Palestine. 

Malgré cela, Oxfam compte bien rester. Nous continuerons, quoi qu’il arrive, à travailler via nos partenaires palestiniens, nos équipes et les agences de l’ONU. Notre objectif :  maintenir une aide impartiale et sans entrave.  

La Belgique n’est pas impuissante : elle doit prendre ses responsabilités

En septembre 2025, sous la pression citoyenne (mobilisations, Ligne rouge, Speak Up for Palestine), la Belgique a annoncé 14 mesures. Parmi les plus importantes : bloquer les exportations et transits d’armes vers Israël et interdire les produits issus des colonies illégales. 

Six mois plus tard, des organisations belges (11.11.11/CNCD) constatent que seules 9 sur 14 ont été réellement mises en œuvre. Les leviers les plus importants, comme l’interdiction nationale des produits des colonies, restent en suspens. Pourtant, l’Espagne a montré qu’on pouvait traduire une décision politique en décret en deux semaines.

Nos 4 demandes et ce que la Belgique doit faire

1) Garantir un accès humanitaire sans entrave

Ce qui se passe  : Israël bloque ou ralentit l’aide humanitaire (denrées, carburant, eau) et met donc directement des millions de civils en danger.

Ce que la Belgique doit faire : 1. Exiger la levée immédiate des obstacles à l’aide et appuyer fermement la coordination menée par l’ONU pour que l’aide arrive vite, en sécurité et sans ingérence. 2. Exiger d’Israël qu’il cesse de menacer d’expulser les ONG du territoire palestinien occupé.
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2) Appliquer l’interdiction des produits des colonies israéliennes illégales

Ce qui se passe : la Belgique a annoncé une interdiction de l’importation des produits des colonies illégales en Cisjordanie. Mais sans décret, les douanes ne peuvent pas effectuer leur travail (contrôles et sanctions). Chaque jour de retard affaiblit la crédibilité belge.

Ce que la Belgique doit faire : Publier immédiatement le décret d’application et communiquer le calendrier d’entrée en vigueur. L’Espagne a montré que c’était faisable en 15 jours.

3) Couper les liens financiers avec les colonies illégales

Ce qui se passe : tant que banques, assureurs et fonds belges offrent fournissent des investissements et des prêts à des entreprises actives dans les colonies israéliennes illégales, les condamnations sont symboliques.

Ce que la Belgique doit faire : Interdire ces investissements, mettre au point des contrôles et rendre compte de l’évolution de ces mesures publiquement.

4) Pousser à la suspension de l’Accord d’association UE–Israël

Ce qui se passe : malgré des violations systématiques du droit international, Israël continue de bénéficier de privilèges commerciaux avec l’UE. La Commission européenne, à l’automne 2025, a mis sur la table la suspension des volets commerciaux de l’accord. Six mois plus tard, l’UE n’a pas (encore) tranché en ce sens.

Ce que la Belgique doit faire : Plaider activement pour la suspension de l’accord au Conseil européen. Pour rappel, l’Article 2 de l’Accord d’association UE-Israël dit que le respect des droits humains est un “élément essentiel” de l’accord. Sa violation par Israël avec la perpétration du génocide en Palestine doit permettre juridiquement d’en suspendre les avantages.

Pourquoi votre voix compte  

Parce que la pression publique obtient des résultats. En 2025, Speak Up for Palestine et la rue ont forcé le gouvernement à annoncer un paquet de mesures. Elles doivent être appliquées et la Belgique doit aller plus loin: c’est le sens de cette campagne, et la chanson existe pour rendre cette pression visible et impossible à ignorer.    

Raise your voice for Palestine