PALESTINE : CAUSES ET CONSÉQUENCES DE LA GUERRE ET DE L'OCCUPATION EN 2026
La crise en Palestine, et en particulier dans la bande de Gaza, dure depuis des décennies. Les familles palestiniennes sont ravagées depuis des générations par la guerre, la colonisation et les expulsions. Sur cette page, tu en apprendras davantage sur l'histoire de la Palestine et le travail d'Oxfam Belgique.
Que fait Oxfam Belgique en Palestine ?
Depuis les années 50, Oxfam Belgique collabore avec de nombreuses organisations et collaborateurs dans les territoires palestiniens occupés. Ensemble, nous voulons améliorer les conditions de vie des citoyens palestiniens.
Parce que leurs droits sont bafoués. Chaque famille palestinienne connaît les humiliations quotidiennes, les arrestations arbitraires, l'oppression, les expropriations. Ils sont impuissants face à une puissance telle que l'État d'Israël et son armée.
Nous nous concentrons sur les causes et les conséquences de l'inégalité, et ce de quatre manières différentes.
1. Programmes à long terme
Oxfam Belgique soutient plusieurs projets à long terme. Pour ce faire, une équipe Oxfam composée de 80 collaborateurs basés à Jérusalem, Ramallah et Gaza travaille en collaboration avec des partenaires locaux.
Grâce aux dons de nos donateurs, nous avons déjà pu aider plus de 900 000 personnes depuis 2021. L'accent est mis sur l'égalité des sexes, la justice économique et l'action humanitaire.
Plus précisément, Oxfam Belgique a :
- Installé des usines de dessalement (permettant d'obtenir de l'eau douce à partir d'une eau saumâtre ou salée) et une unité de traitement des eaux usées.
- Soutenu le lancement ou le renforcement de petites entreprises (agricoles) et formé des centaines de jeunes afin qu’iels intègrent le marché du travail dans les secteurs du tourisme et du numérique.
- Accompagné les femmes dans la défense de leurs droits de succession.
- Favorisé une agriculture durable et résiliente : notre apportons notre soutien tout au long de la chaîne de valeur (de la production à la commercialisation en passant par la transformation) de production de légumes frais. Nous veillons toujours à privilégier l’autonomisation économique des femmes et des jeunes, plus fréquemment exclu.e.s du marché du travail, et sensibilisions les autorités gazaouies sur la question.
- Accompagné les survivantes de la violence fondée sur le genre à travers du soutien psychosocial mais aussi financier pour qu’elles réintègrent le marché du travail ou fondent leurs propres entreprises.
- Réparé des installations d'eau dans les écoles et les hôpitaux.
- Financé l’achat d'équipements pour les pêcheurs de Gaza.
- Soutenu la société civile (en particulier la jeunesse palestinienne) dans sa revendication de liberté de mouvement, de poursuivre des études ou de pratiquer leurs activités professionnelles librement.
2. Aide d'urgence en situation de crise
Malheureusement, la Palestine a déjà connu plusieurs situations d'urgence humanitaire aiguës, dont le siège de Gaza est l'exemple le plus récent. Dans ces cas-là, Oxfam Belgique met en place un fonds d'urgence pour fournir une aide humanitaire.
En fonction des besoins spécifiques, nous fournissons, en collaboration avec nos partenaires, de l'eau potable et de la nourriture. Nous mettons également en place des infrastructures sanitaires telles que des latrines, des douches et des lavabos. Et nous protégeons les personnes les plus vulnérables afin que leurs droits fondamentaux et leur dignité soient respectés.
Faites un don au fonds d'urgence
Soutenez les habitants de Gaza à travers notre fonds d'urgence.
3. Encourager le commerce équitable
En Palestine, la grande majorité de la population vit de l'agriculture. Ce secteur est vital pour les communautés qui vivent sous l'occupation israélienne. Oxfam est convaincu que les agriculteurs palestiniens ont pleinement droit à l'accès au marché international. C'est pourquoi, malgré les nombreux obstacles, nous continuons à tout mettre en œuvre pour acheter et vendre des produits issus du commerce équitable en Palestine.
Depuis 1992, Oxfam entretient ainsi une collaboration étroite avec l'ONG PARC (Palestinian Agricultural Relief Committee) et sa branche commerciale, la coopérative agricole Al Reef. En Cisjordanie, près de Jénine et de Jéricho, ils produisent de l'huile d'olive, des dattes medjoul et du couscous maftoul biologiques et issus du commerce équitable. Ces produits sont commercialisés dans les Magasins du monde d'Oxfam par l'intermédiaire d'Oxfam Fair Trade.
En 2021, Oxfam a par exemple soutenu Al Reef en achetant un moulin à céréales. Cela a immédiatement donné lieu à la création d'une nouvelle coopérative pour les femmes. Les dix femmes d'Al Maktoz produisent de la farine de blé, qu'elles transforment ensuite à la main en un délicieux couscous maftoul. Un plan d'affaires bien pensé soutient leur activité : elles moulent également des céréales pour d'autres producteurs locaux et exportent du couscous biologique.
Ce partenariat établi en 1992 garantit, entre autres :
- La pratique d’un commerce équitable qui garantit une rémunération digne aux productrices et producteurs.
- Le développement d’une agriculture biologique.
- L'autonomisation des femmes (en tant qu'entrepreneuses).
- La sécurité alimentaire des agriculteur.trice.s et de leurs familles.
4. Influence politique : la voix des Palestiniens
Avec Oxfam Belgique, nous exerçons une pression politique pour que le droit à l'autodétermination des citoyens palestiniens soit respecté. Ils doivent pouvoir décider de leur avenir et leurs droits humains doivent être respectés.
C'est ainsi qu'en mars 2026, nous avons lancé la campagne Voices Rise Up. Avec cette campagne, nous exigeons que le gouvernement belge tienne ses promesses et que l'impunité cesse.
Oxfam Belgique a besoin de vous pour faire monter la pression politique.
Les régions de la palestine
Gaza
Gaza est une étroite bande de terre d'à peine 365 km2, entourée par Israël, l'Égypte et la mer Méditerranée. Elle abrite plus de 2,1 millions de personnes, dont la moitié a moins de 18 ans. C'est l'une des zones les plus densément peuplées au monde. Les Palestinien.ne.s de Gaza y vivent sous blocus : en 2005, bien qu'Israël ait retiré ses troupes terrestres de Gaza, il a continué à contrôler son espace aérien et maritime. Les FDI (Forces de défense israéliennes, l'armée) y mènent régulièrement des offensives. Dans la pratique et en vertu du droit international, Gaza reste donc un territoire occupé. En 2007, le parti palestinien Hamas remporte les deuxièmes élections organisées démocratiquement dans les territoires palestiniens occupés. Cette victoire n'est toutefois pas reconnue au niveau international. En 2008, le Hamas prend le pouvoir à Gaza tandis que le Fatah conserve le contrôle de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. De nombreux pays et l'UE considèrent le Hamas comme une organisation terroriste.
En réponse à cette prise de pouvoir, Israël impose un blocus maritime, terrestre et aérien sur la bande de Gaza. L'Égypte voisine bloque également la frontière avec Gaza. Israël invoque des raisons de sécurité nationale, mais la communauté internationale condamne ce blocus, qui dure depuis près de 17 ans.
L'ONU qualifie Gaza de prison à ciel ouvert, où tout, de l'électricité à la nourriture en passant par la 3G et l'eau, les soins de santé et l'éducation, est strictement contrôlé ou interdit par Israël. En effet, bien avant le 7 octobre 2023, 97 % de l'eau de Gaza était impropre à la consommation. 80 % de la population dépendait déjà de l'aide humanitaire avant la guerre actuelle pour sa survie. Plus de 40 % des personnes en âge de travailler sont au chômage. En 2012, l'ONU prévoyait que Gaza serait invivable d'ici 2020...
Les conséquences sont énormes. Le blocus a totalement chamboulé l'économie : les échanges avec les autres territoires palestiniens ou avec l'étranger sont très limités, voire inexistants. Les besoins humanitaires sont énormes. Déjà avant l’escalade du 7 octobre, 500 camions d’aide humanitaires entraient dans la bande de Gaza tous les jours.
Gaza a déjà connu cinq interventions militaires violentes depuis 2008.
La Cisjordanie
La Cisjordanie est située entre le royaume de Jordanie et Israël. Environ 3 millions de Palestinien.ne.s y vivent. Depuis les accords d'Oslo de 1995, survenus dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient, la Cisjordanie est divisée en trois zones (appelées communément aires A, B et C). Originellement, cette subdivision avait été planifiée pour une période de cinq ans... Dans la zone A, l'Autorité palestinienne exerce un contrôle maximal, mais pas encore total, sur la sécurité et l'administration civile. Dans la zone B, l'Autorité palestinienne gère l'administration civile, mais le gouvernement israélien contrôle la sécurité. Enfin, la zone C, qui couvre 60 % de la Cisjordanie, est entièrement sous occupation civile et militaire israélienne. La grande majorité des zones agricoles palestiniennes, soit 63 %, se trouve dans cette zone. Dans les provinces de Jéricho et de Jénine, où Oxfam a également des partenaires, ainsi qu'à Jérusalem-Est, l'accaparement des terres est endémique : les colons israéliens s'emparent des maisons et des terres, de manière violente.
Le nombre de colonies israéliennes illégales a fortement augmenté ces dernières années. En vertu du droit international, ces colonies sont illégales. L'Union européenne et les Nations unies les considèrent d’ailleurs à juste titre comme un obstacle à la paix. Pourtant, chaque année, les autorités israéliennes délivrent de nouveaux permis de construire en zone occupée et les colons établissent également de nouveaux "avant-postes", jugés illégaux au regard du droit israélien, mais qui sont pourtant de facto soutenus par le gouvernement. Résultat : plus de 650 000 colons vivent en Cisjordanie, contre quelque trois millions de Palestiniennes et de Palestiniens.
Jérusalem-Est
Jérusalem-Est fait partie intégrante de la Cisjordanie. La ville de Jérusalem est divisée en deux : la partie orientale appartient aux Palestinien.ne.s. Israël considère la ville entière comme sa capitale, mais cette revendication n'est pas reconnue au niveau international (à l’exception de quatre pays, dont les Etats-Unis). À Jérusalem-Est, les colons israéliens chassent les habitant.e.s arabes et s'emparent de leurs maisons.
Les débuts de la Palestine
La région aujourd’hui appelée Palestine était, dans l’Antiquité, peuplée de divers peuples tels que les Cananéens, les Philistins et les Israélites. Des royaumes comme Israël et Juda y virent le jour. Plus tard, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses et les Romains prirent le pouvoir. Ce sont les Romains qui donnèrent à cette région le nom de « Palaestina ». Pendant la période byzantine, elle devint un important centre chrétien.
Au VIIe siècle, les armées islamiques conquirent la Palestine. À l'exception de la période des croisades, elle resta sous domination islamique jusqu'au début du XXe siècle. À cette époque, elle faisait partie de l'Empire ottoman.
Mandat britannique et montée du nationalisme (1917)
Après la Première Guerre mondiale et la chute de l'Empire ottoman, la Palestine passa sous mandat britannique. Au cours de cette période, le nationalisme arabe palestinien et le nationalisme juif se développèrent tous deux. La déclaration Balfour de 1917, dans laquelle le gouvernement britannique exprimait son soutien à « un foyer national pour le peuple juif » en Palestine, provoqua des tensions entre Juifs et Arabes.
Plan de partage de l'ONU et création d'Israël (1947)
Après la Seconde Guerre mondiale, la pression pour résoudre la question juive et palestinienne s'est accrue. L'Holocauste a renforcé l'appel en faveur de la création d'un État juif. Cependant, les Arabes palestiniens et les pays arabes se sont fermement opposés à cette idée.
En 1947, les Nations Unies proposèrent un plan de partage. La Palestine serait divisée en un État juif et un État arabe. Jérusalem serait placée sous administration internationale.
Les dirigeants juifs acceptèrent le plan, malgré leurs inquiétudes concernant le partage et le statut de Jérusalem. Les Arabes palestiniens et les pays arabes rejetèrent catégoriquement le plan.
Déclaration d'indépendance et guerre (1948)
Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclama l'indépendance d'Israël. Cela eut lieu un jour avant la fin du mandat britannique. Les États-Unis et l'Union soviétique ont immédiatement reconnu le nouvel État. Les pays arabes voisins (l'Égypte, la Jordanie, la Syrie, l'Irak et le Liban) ont alors lancé une attaque militaire contre Israël. Cela a mené à la première guerre israélo-arabe (1948-1949).
Israël réussit à tenir bon et étendit son territoire au-delà des limites prévues par le plan de l'ONU. La Jordanie occupa la Cisjordanie et l'Égypte prit le contrôle de la bande de Gaza.
Des centaines de milliers de Palestiniens s'enfuirent ou furent chassés de leurs villages. Cet événement est connu sous le nom de Nakba (« catastrophe »). De nombreux réfugiés se sont retrouvés dans des camps et n’ont pas pu rentrer chez eux.
La guerre des Six Jours (1967)
En 1967, la guerre des Six Jours a éclaté. Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est.
Les accords d'Oslo (1993-1995)
En 1987, une révolte contre l'occupation a éclaté dans les territoires palestiniens occupés. Cette intifada allait durer des années.
Pour essayer de trouver une solution, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et Israël conclurent les accords d’Oslo, une série d’accords de paix.
Les points importants de ces accords étaient :
- Reconnaissance mutuelle : Israël a reconnu l'OLP comme représentant du peuple palestinien. L'OLP a reconnu le droit d'Israël à exister.
- Autonomie palestinienne : l'Autorité palestinienne (AP) a été créée et a obtenu l'autonomie temporaire sur certaines parties de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
- Retrait progressif d'Israël : Israël a promis de se retirer progressivement de certaines zones palestiniennes.
Par ailleurs, la Cisjordanie fut divisée en trois zones et des élections palestiniennes furent autorisées. Mahmoud Abbas est depuis lors président de l'Autorité palestinienne.
Dans les cinq ans, des négociations devaient suivre sur des questions définitives telles que les frontières, Jérusalem, les réfugiés et les colonies. Mais aucun accord définitif n’a jamais été conclu.
Le Hamas remporte les élections (2007)
En 2007, le mouvement palestinien Hamas a remporté les élections dans les territoires occupés. La communauté internationale n'a pas reconnu le résultat. En 2008, le Hamas a pris le pouvoir à Gaza, tandis que l'Autorité palestinienne continuait à gouverner la Cisjordanie. Depuis lors, il y a eu plusieurs conflits entre le Hamas et Israël, ainsi que des tensions entre le Hamas et l'Autorité palestinienne.
Après la prise du pouvoir par le Hamas, Israël a complètement bouclé Gaza. L'Égypte a également bloqué la frontière. Israël a déclaré que cette mesure était prise pour des raisons de sécurité, mais la communauté internationale a critiqué ce blocus. Celui-ci dure désormais depuis près de 17 ans. Depuis 2008, Gaza a subi cinq attaques militaires de grande ampleur.
Attaque du Hamas et début de la guerre à Gaza (2023)
Le 7 octobre 2023, le mouvement palestinien Hamas a mené une attaque meurtrière contre Israël. On estime à 1 200 le nombre d'Israéliens qui ont perdu la vie. Le Hamas a fait environ 250 prisonniers, et aujourd'hui encore, des otages sont détenus dans la bande de Gaza.
Israël a réagi par une offensive militaire sans précédent sur la bande de Gaza, au cours de laquelle plus de 50 000 Palestiniens, principalement des civils, dont plus de 14 500 enfants, ont été tués. Plus de 90 % de la population a dû fuir. Les besoins humanitaires sont énormes, mais Israël refuse de laisser entrer l'aide, sauf pendant le cessez-le-feu début 2025 qui a duré deux mois.
En Cisjordanie, plusieurs attaques menées par des colons et des militaires israéliens ont été signalées. 10 Israéliens et 388 Palestiniens ont perdu la vie lors de ces incidents.
Les organisations internationales mettent en garde depuis longtemps contre les crimes de guerre tels que le nettoyage ethnique et les déplacements forcés. Début 2024, la Cour internationale de justice a reconnu l’existence d’une menace grave de génocide. Parallèlement, des procédures judiciaires internationales sont en cours contre des responsables israéliens. Pendant ce temps, la guerre à Gaza se poursuit.
Oxfam Belgique continue de suivre de près la situation en Palestine. Comme tous nos bénévoles, donateurs, collaborateurs et sympathisants, on continue de plaider pour une solution durable. Mais toi aussi, tu peux agir.
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Peu après l'attaque atroce perpétrée par le Hamas en octobre 2023, Israël a lancé une offensive militaire. Bien que le gouvernement israélien ait invoqué son « droit à la légitime défense » et affirmé que les dirigeants du Hamas se cachaient à Gaza, le siège de Gaza est vite devenu disproportionné. Le gouvernement israélien a aussi dit que la nourriture, l'eau, l'électricité et le carburant n'arriveraient plus à la population déjà fragile de Gaza. Et ça, en plus du blocus de Gaza, qui dure depuis 17 ans.
Oxfam Belgique suit de près la situation dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à Gaza, depuis un moment. Depuis début octobre 2023, nous avons renforcé notre vigilance. C'est aussi le cas au niveau d'Oxfam International. Comme pour tous les thèmes, la communication externe et l'influence politique se font de manière coordonnée, ce qui implique de trouver des compromis entre les 21 membres de la confédération Oxfam.
Vous trouverez ici les dernières actualités concernant Gaza et la Cisjordanie.
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