Ado Sori wandelt met haar zonen in El Besso, North Horr, Marsabit. Ze ontving 9.000 Keniaanse shilling (KES) om haar gezin te helpen herstellen van de gevolgen van de overstromingen, die het merendeel van de woningen wegspoelden en de wegen in het gebied onbegaanbaar maakten.
Actualité21 octobre 2026

Le financement humanitaire face à El Niño est dramatiquement insuffisant, alerte Oxfam

Le financement mondial consacré à la préparation et à la réponse humanitaire face au phénomène El Niño et aux conséquences qu’il fera peser sur des millions de personnes est dramatiquement insuffisant, a averti Oxfam aujourd’hui. 

Ce phénomène météorologique a déjà des effets catastrophiques dans de nombreuses régions du monde, provoquant des incendies de forêt, des pertes de récoltes ainsi qu’une aggravation de l’insécurité alimentaire et de l’accès à l’eau. Son intensité devrait atteindre son pic entre ce mois-ci et avril 2027. Selon les scientifiques, il pourrait s’agir du phénomène El Niño le plus puissant jamais enregistré. 

À l’heure actuelle, le financement mondial total consacré à la préparation et à la réponse humanitaire face à El Niño s’élève à 450 millions de dollars. Le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies a alloué jusqu’à 100 millions de dollars et a déjà déboursé 20 millions de dollars à destination de six pays. Le reste dépend d’appels à financement, dont moins de 20 % ont été couverts jusqu’à présent. À titre de comparaison, lors du précédent épisode El Niño de 2015-2016, le plus intense à ce jour, plus de 60 millions de personnes avaient été touchées. Un appel collectif de 5 milliards de dollars avait alors été lancé, dont près de 2 milliards avaient effectivement été mobilisés. 

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies le mois dernier, le Secrétaire général Antonio Guterres ainsi que des pays comme le Vanuatu, l’Inde et la Barbade ont lancé de vives mises en garde face à l’aggravation de la crise. Pourtant, ces alertes ne se sont pas encore traduites par l’adoption d’une résolution spécifique des Nations unies sur El Niño, contrairement aux précédents épisodes durant lesquels une reconnaissance formelle de l’ONU avait contribué à mobiliser l’action internationale et les financements. 

« Cet épisode El Niño frappe un climat déjà surchauffé par les émissions de carbone démesurées des plus grands pollueurs de la planète », déclare Marta Valdes García, directrice humanitaire d’Oxfam. 

« Il survient au pire moment possible, exerçant une pression supplémentaire sur un système humanitaire déjà affaibli et incapable de répondre à l’ampleur des besoins. » 

« Les financements disponibles sont sans commune mesure avec l’ampleur de cette menace sans précédent et les dégâts qu’elle risque de provoquer. Les préparatifs accusent déjà du retard. Cet épisode El Niño sera catastrophique pour des millions de personnes confrontées à des pertes de récoltes, des pénuries d’eau, des inondations dévastatrices et des pertes en vies humaines. Il est urgent d’agir maintenant. » 

De nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire sont déjà dans une situation précaire en raison de l’endettement, de la pauvreté, de la faiblesse des services publics et, dans certains cas, des conflits. Dans le même temps, les réductions de l’aide internationale et des financements climatiques au cours des trois dernières années ont considérablement affaibli les capacités de soutien : 

Des millions de personnes déjà exposées aux conséquences d’El Niño

  • En Afrique de l’Est et australe, 62 millions de personnes sont confrontées à une aggravation de l’insécurité alimentaire en raison des inondations et de la sécheresse. Plusieurs pays sont menacés par la famine, notamment le Soudan, le Soudan du Sud et la Somalie. Dans le Sahel, le niveau d’eau baisse déjà dans près de 80 % des points d’approvisionnement, avec des situations particulièrement préoccupantes en Mauritanie, au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad. 
  • En Asie et dans le Pacifique, le manque de précipitations affecte déjà des millions de personnes. En Indonésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Vanuatu, aux Fidji et aux Tonga, la sécheresse, les pénuries d’eau, l’assèchement des cultures et le risque accru d’incendies de forêt sont déjà une réalité. Au Sri Lanka, les fortes températures et le manque de pluie provoquent la pire sécheresse depuis dix ans. 
  • En Amérique latine, 16 millions de personnes supplémentaires devraient connaître l’insécurité alimentaire dans les prochains mois. Au Guatemala, au Honduras et au Salvador, une récente évaluation d’Oxfam révèle que plus de 70 000 ménages agricoles ont subi des pertes de récoltes de maïs, et que près de quatre sur cinq ont perdu entre 75 et 100 % de leur production. 
  • En Asie du Sud-Ouest et en Afrique du Nord, plus de 8 millions de personnes en Syrie et en territoire palestinien occupé  souffrent d’une insécurité alimentaire aiguë. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie connaissent quant à eux des sécheresses récurrentes qui accentuent la pression sur les ressources en eau, la production agricole et les moyens de subsistance. 

« Le Soudan du Sud approche d’un point de bascule critique. Les précipitations enregistrées entre juin et septembre ont été nettement inférieures à la normale et les températures ont dépassé les moyennes saisonnières dans une grande partie du pays », explique Shabnam Baloch, directrice pays d’Oxfam au Soudan du Sud. 

« Près de 8 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, dont près de 2 millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë. Le risque de famine demeure dans certaines des zones les plus durement touchées. Le pays figure déjà parmi les foyers de faim les plus critiques au monde. » 

Pour faire face à la situation dans les mois à venir, Oxfam, comme de nombreuses autres organisations de la société civile, a réorienté et adapté ses programmes humanitaires avec ses partenaires dans plusieurs pays : 

  • Aux Philippines, en collaborant avec les services de prévision afin de renforcer les systèmes d’alerte précoce, en installant des capacités de stockage d’eau dans les communautés touchées par une forte diminution des pluies et en développant la préparation des communautés. 
  • Au Timor-Leste et en Indonésie, en soutenant les communautés en situation de vulnérabilité par des initiatives de conservation de l’eau et des pratiques agricoles adaptées au changement climatique. 
  • Au Kenya, en travaillant avec des organisations communautaires, des jeunes volontaires et les habitants des zones à risque d’inondation afin de cartographier les risques locaux et mettre en place des centres de résilience. Oxfam prépare également des transferts monétaires, la distribution d’abris d’urgence, de kits de dignité pour les femmes ainsi qu’un soutien en eau, hygiène et assainissement. 
  • Au Guatemala, au Salvador et au Honduras, en fournissant des transferts monétaires, des bons d’achat et une aide alimentaire, tout en renforçant les systèmes d’alerte précoce et les banques communautaires de semences. Oxfam produit également des données destinées à éclairer les analyses sur la sécurité alimentaire et les décisions humanitaires. 

La crise devrait également provoquer une nouvelle hausse des prix des denrées alimentaires, du carburant et des engrais, déjà fortement affectés par le conflit en Iran. Cela entraînera de nouvelles perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentaires et accentuera la volatilité des marchés mondiaux. 

« El Niño agit comme un multiplicateur de crises. Nous savons qu’il est toujours plus rentable et plus efficace d’agir avant qu’une catastrophe ne survienne que de tenter d’en réparer les conséquences », ajoute Marta Valdes García. 

« Les gouvernements des pays donateurs les plus riches ne peuvent plus se permettre l’inaction. Catastrophe après catastrophe, pays après pays, les conséquences vont s’accumuler. Nous ne devons pas avoir à regretter demain de ne pas avoir limité plus tôt les pires effets de cette crise qui se développe sous nos yeux. » 

Oxfam appelle les gouvernements à augmenter immédiatement les financements humanitaires, sur la base de prévisions fiables et de plans définis localement, ainsi qu’à annuler les dettes insoutenables qui limitent la capacité des pays à répondre à la crise. L’organisation demande également une augmentation massive des investissements dans l’adaptation aux changements climatiques, les systèmes alimentaires résilients, la sécurité de l’eau et les réponses pilotées localement. 

Pourquoi Oxfam juge la réponse internationale insuffisante

Le financement actuellement disponible pour la préparation et la réponse à El Niño comprend : 

  • Jusqu’à 100 millions de dollars mobilisés par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (CERF), dont 20 millions déjà déboursés. Le financement provient des États membres de l’ONU. 
  • Un appel de 202 millions de dollars lancé par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM) pour 22 pays à haut risque, actuellement financé à seulement 20 %, soit 40 millions de dollars. 
  • Plus de 14 millions de dollars déjà déployés par le PAM à titre d’assistance anticipée dans six pays à haut risque. 
  • Jusqu’à 15 millions de livres sterling mobilisés par le gouvernement britannique via le Humanitarian Crisis Fund du Foreign, Commonwealth and Development Office. 
  • Un appel de 110 millions de dollars de l’Organisation internationale pour les migrations afin de venir en aide à jusqu’à 5 millions de personnes déplacées, financé à ce jour à hauteur de 20 millions de dollars. 
  • Une contribution fléchée de 1,8 million de francs suisses (1,9 million d’euros) apportée par la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) à l’Appel mondial conjoint d’action anticipative El Niño de la FAO et du PAM pour la période 2026-2028. 

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Face aux sécheresses et aux inondations liées à El Niño, Oxfam soutient les communautés les plus touchées afin qu’elles puissent protéger leurs moyens de subsistance, faire face aux crises et préparer l’avenir. 

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