Entre sécheresses et inondations : garantir l'accès à l'eau
À Turkana, au Kenya, les sécheresses et les inondations rendent l'accès à l'eau potable toujours plus incertain. Aux côtés d'organisations partenaires, Oxfam investit dans des systèmes d'approvisionnement capables de résister aux prochains chocs climatiques.
Dans les régions où l'eau se fait rare, une simple pompe peut faire vivre toute une communauté. Elle permet de cuisiner, boire, se laver, elle abreuve les troupeaux et réduit les risques de maladie. Lorsqu'elle tombe en panne, c'est tout le quotidien qui est bouleversé.
La crise climatique fragilise davantage encore cette ressource vitale. Les sécheresses prolongées épuisent les points d'eau, tandis que les pluies intenses peuvent les endommager ou les contaminer. Dans un contexte marqué par les extrêmes, il ne suffit plus d'acheminer l'eau jusqu'aux populations : elle doit continuer à couler lorsque surviennent sécheresses ou inondations.
À Turkana, dans le nord aride du Kenya, cette réalité est déjà bien présente. Les précipitations y sont rares et imprévisibles, et les communautés dépendent largement d'un nombre limité de points d'eau.
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Trois heures de marche pour un jerrycan
Les habitant·es de Nawamor en ont fait l'expérience en 2025. Pendant huit mois, leur forage est resté hors service. Pour trouver de l'eau, ils devaient se rendre à un puits peu profond creusé à la main, également utilisé par les animaux. Trois heures de marche aller-retour.
C'était extrêmement difficile. Le point d'eau était éloigné de nos habitations et l'eau était contaminée. Notre bétail mourait, les gens tombaient malades et nous passions des heures à marcher chaque jour.
Monti Loibok, habitant de Nawamor.
Cette situation pèse de manière disproportionnée sur les femmes et les filles. À Turkana, ce sont elles qui assument le plus souvent la collecte de l'eau, transportant des jerrycans de vingt litres. Lorsque le point d'eau le plus proche cesse de fonctionner, elles doivent marcher davantage, transporter des charges plus lourdes et disposent de moins de temps pour l'école ou le travail.
Quand l'excès succède au manque
La pluie n'apporte pas toujours de répit. Pendant la saison des pluies, les sols deviennent boueux, les rivières débordent et certaines routes deviennent impraticables. Après des mois de pénurie, l'eau peut tomber avec une telle intensité qu'elle complique l'accès aux points d'approvisionnement.
Ekai Adamson Samuel, enseignant, a constaté ces effets jusque dans sa classe.
« Lorsque je suis arrivé ici en 2023, la région connaissait des inondations. Très peu d'élèves venaient à l'école. La communauté et l'établissement dépendaient d'un seul forage. » Et même cette unique source restait vulnérable : lors de fortes pluies, les eaux de ruissellement s'y infiltraient, entraînant des risques de contamination.
Renforcer les communautés avant la crise
Pour mieux protéger les populations face aux chocs climatiques, Oxfam Kenya a travaillé avec Davis & Shirtliff, acteur majeur du secteur de l'eau en Afrique de l'Est, dans le cadre du programme Improving Lives Initiative. L'objectif est simple : ne pas attendre qu'une sécheresse ou une inondation provoque une crise humanitaire, mais investir en amont dans des infrastructures qui renforcent la résilience des communautés.
Des équipes techniques ont analysé les systèmes existants et identifié les améliorations les plus utiles. Des forages et systèmes de pompage ont été réparés et modernisés, parfois équipés d'énergie solaire. Des réservoirs de stockage, des abreuvoirs pour le bétail et des dispositifs de contrôle de la qualité de l'eau ont également été installés. Au total, six projets stratégiques ont été soutenus.
Grâce à ces investissements, 2 475 enfants, 1 125 femmes et 900 hommes bénéficient désormais d'un meilleur accès à une eau potable fiable.
Pour Monti Loibok, les effets sont concrets :
Aujourd'hui, nous disposons d'un approvisionnement en eau fiable et suffisant.
C'est l'eau que nous utilisons pour nous laver, cuisiner et abreuver nos animaux. Les difficultés que nous connaissions autrefois, surtout pendant les périodes de sécheresse, ont fortement diminué.
Monti Loibok, habitant de Nawamor.
Des solutions à l'épreuve des extrêmes
« Le changement climatique entraîne des phénomènes météorologiques toujours plus extrêmes », explique Mercy Kieni, responsable des programmes EAH (eau, assainissement et hygiène) chez Oxfam. « Partout dans le monde, les sécheresses et les inondations deviennent plus fréquentes et plus longues. Cela transforme profondément la manière dont nous organisons l'aide humanitaire. »

Oxfam intègre désormais pleinement les risques climatiques dans ses programmes liés à l'eau et à l'assainissement. Il ne s'agit plus seulement d'intervenir en urgence, mais de construire avec les communautés, les autorités et les organisations locales des services capables de résister aux crises futures.
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